En 1604, Pierre du Gua a navigué jusqu’en Acadie où il a exploré une grande partie de la Baie Françoise (baie de Fundy) en compagnie de Samuel de Champlain. Selon la documentation, ils se seraient arrêtés à Cap d’Or (Golden Cape), dans le comté de Cumberland, où ils ont exploré une région considérée riche en mines de cuivre. Le journal de Champlain fait également référence à des endroits comme Isle Haute, le cap Chignectou, l’île Partridge et Advocate Harbour. C’est ainsi que prend naissance, dans le comté de Cumberland, l’histoire acadienne dont le point culminant est le début de la Déportation, le 28 juillet 1755.

Jacques Bourgeois, ancien chirurgien et fermier, est considéré comme le premier colon venu s’établir à Beaubassin, peu après 1671. Il avait pour mission d’améliorer la traite des fourrures avec les Autochtones et d’exploiter l’agriculture dans la région de Chignectou, dans le fond de la baie de Fundy. À l’époque, il était âgé de 50 ans et, avec ses 10 enfants, il avait une vie familiale bien établie. À l’aide de Pierre Arsenault et de ses fils, Charles et Germain, il s’est occupé de recruter des colons acadiens de Port-Royal. Quelques années plus tard, Michel LeNeuf de la Vallière a obtenu une concession seigneuriale d’environ 1 600 kilomètres carrés (1 000 mi2) dans cette région. Arrivé à Beaubassin par la baie Verte et l'isthme de Chignectou, La Vallière donna à Chignectou le nom de Beaubassin. Durant le régime de La Vallière, de 1678 à 1684, Beaubassin était la capitale de l'Acadie et le seul village en contact avec le gouvernement. En 1685, il comptait 22 habitations et en 1686, le village fut enfin constitué en paroisse. C'est cette année-là qu'un sulpicien, le Père Claude Trouvé, de Québec, a construit la première église de Beaubassin.

Parmi les régions acadiennes, c’est peut-être à Beaubassin que le conflit a régné le plus violemment et pendant plusieurs années avant la déportation. Puisque les frontières de cette région n'avaient jamais été clairement délimitées, les Acadiens soutenaient que Beaubassin leur appartenait, alors que les Anglais disaient le contraire. En 1696 et de nouveau en 1704, Beaubassin a été attaqué et brûlé par des mercenaires de la Nouvelle-Angleterre sous les ordres de Benjamin Church. En 1696 comme en 1704, les Acadiens sont revenus dans les trois jours suivants et ils se sont mis à rebâtir Beaubassin. Une paix acceptable a régné entre 1704 et 1750. Les disputes territoriales entre la France et l’Angleterre concernant les frontières de l’Acadie ont refait surface en 1750 et elles ont pris de l’importance avec l’arrivée des corps expéditionnaires britanniques du commandant Charles Lawrence, à Beaubassin, en avril de cette même année. Les troupes sont arrivées près du village, mais on y avait mis le feu en réponse aux ordres du missionnaire français, l’Abbé LeLoutre.

Lors de la Déportation de 1755, les Acadiens de Beaubassin, capturés le 10 août, ont été les premiers prisonniers. La majorité des habitants de cette région s’étaient cachés dans les bois sur les conseils de leur missionnaire, l’Abbé LeGuerne, qui avait été prévenu de l’attaque des Anglais. Bien que deux tiers de la population de Beaubassin aient échappé à la déportation, 1 900 Acadiens de Beaubassin furent mis sur 10 navires le 27 octobre 1755 et déportés en descendant la baie de Fundy.

Les villages qui faisaient jadis partie de la région de Beaubassin et qui sont toujours dans le comté de Cumberland aujourd’hui sont Fort Lawrence (Beaubassin), La Butte, LaPlanche et Veskok. Ils sont maintenant intégrés aux municipalités suivantes : Amherst, Minudie, Maccan, Nappan, River Hebert et Wallace.

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